Tribologie et sensualité

Petit compte rendu de la présentation des Fondamentales du CNRS du samedi 11 octobre 2014, sur le thème  « Quand la science révèle notre patrimoine »

Un des grands points d’intérêt concernant cette demi heure consacrée à la science au service du patrimoine fut l’intervention de Roberto Vargiolu consacré à la tribologie et plus particulièrement à la Pierre Claudienne.

Au delà des aspects très intéressants concernant la recherche de la manière dont la pierre fut gravée/fondue pour faire apparaître des lettres d’une régularité saisissante , l’aspect inédit pour moi fut l’intérêt que semblent porter les tribologues à la tactilité.

Roberto Vargiolu, docteur-ingénieur au Laboratoire de tribologie et dynamique des systèmes de l'École centrale de Lyon devant la table claudienne. Crédits: PHOTOS JOEL PHILIPPON, LE PROGRES DE LYON

Roberto Vargiolu, docteur-ingénieur au Laboratoire de tribologie et dynamique des systèmes de l’École centrale de Lyon devant la table claudienne.
Crédits: PHOTOS JOEL PHILIPPON, LE PROGRES DE LYON

En effet, l’analyse des surfaces et de leur résistance, de l’histoire et de l’évolution des rayures et autres marques d’érosion mènent ces scientifiques à rechercher des capteurs et autres instruments de mesure chaque fois plus précis, plus délicats.

Mais nous avons nous mêmes, êtres humains, des instruments d’une précision jusque là inégalés dans nos capteurs tactiles situés dans nos doigts. Nous somme capables de sentir de fines rayures, et en cela les machines sont plus précises que nous, mais quel capteur peut analyser le velouté, la sensation liquide, comment différencier le toucher du satin, du velours ou de la bure.

C’est une quête rendue presque nécessaire par l’avènement des interfaces tactiles, et dépassant de loin, les recherches haptiques qui ne s’intéressent à ce jour qu’au retour de forces.

 

Un autre point saillant, l’exemple de Laurence de Viguerie concerna l’analyse des pigments par fluorescence X et diffraction et diffusion X. Les travaux d’UCPL sur la reproduction virtuelle des œuvre d’art se heurte, comme plus généralement dans l’univers de la reproduction d’images, à la relativité des couleurs. L’analyse des pigments, sans solutionner cet aspect, permet néanmoins de déterminer comment le tableau a évolué et quelles étaient les couleurs d’origines, par l’analyse du vieillissement des pigments, des vernis mais également par l’analyse des couches superposées des glacis.

Au delà de l’utilisation évidente dans la reconnaissance des œuvres originales, une analyse plus fine des « rendus » permettrait-elle de mieux représenter une œuvre de Vinci par rapport à une œuvre de Picasso ?